UFA-Fabrik

Une utopie collective au coeur de Berlin

Information

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Viktoriastr. 10-18 12105 Berlin / Tempelhof
DE Allemagne
Site internet http://ufafabrik.de/de
Maturité

Mature

A propos du projet Éditer

Un très bel exemple d'utopie collective!

Themes

CREATION - Décrivez le contexte local, la problématique à laquelle le projet souhaitait répondre, les étapes et les dates de la naissance du projet (fondateurs, naissance du collectif). Éditer

Tout commence en 1976 avec le groupe de « Fabrique pour la Culture, le Sport et l'artisanat » sur Kurfürstenstrasse (dans Schöneberg) qui occupe deux étages pour des débats, du sports et organise régulièrement différents événements. Dans le contexte des crises et de la situation économique de 1978, le groupe de la Fabrique organise un énorme festival dans la maison des arts Béthanie sur l'idée « Changer de pensée, changer de voie » (« Umdenken, Umschwenken »). Ce rendez-vous dura six semaines et fut aussi l'occasion de sensibiliser les Allemands de l'Ouest à des notions chères au collectif : l'agriculture biologique, l'éducation ou les énergies renouvelables. Les échanges furent si intenses que le collectif décida de créer quelque chose de pérenne pour continuer ses actions.
Le 9 juin 1979 (date immortalisée avec la rue par laquelle vous arrivez dans la UFA qui porte ce nom), l'ambition devient réalité. Les terrains abandonnés de l'ancien fleuron des productions cinématographiques allemandes des années 30, la UFA-Films, sont « pacifiquement » occupés. Le collectif s'active alors pour se faire accepter par l'environnement local : une grande bannière est posée à l'entrée pour inciter les voisins à venir converser. En parallèle, de nombreuses actions sont engagées au niveau politique : en trois semaines, le collectif obtient une autorisation du Sénat berlinois pour récupérer les locaux. Quelques mois après, 45 personnes (sur les 70 alors engagées dans le projet) décident de s'installer ensemble et d'y développer un village durable au centre de Berlin. La UFA-Fabrik est née. Dès lors, c'est une histoire faite de confiances réciproques, de pas à pas gagnés contre et avec les institutions qui ont permis à la UFA-FABRIK de devenir aujourd'hui un lieu hors du commun.

OBJECTIFS : Quelle est la finalité première du projet ? Quelles sont ses principales actions / réalisations ? Qui en sont les bénéficiaires directs et indirects ? Éditer

L'ambition du collectif, dès les années 70, a été d'établir un lieu ouvert, partagé par tous, qui respecte les piliers d'un développement durable. L'écologie y a joué un rôle dès le démarrage et l'idée de créer un village durable au centre de Berlin s'est vite affirmée.

A ce jour, les actions mises en œuvre sont nombreuses et les services proposés aux bénéficiaires particulièrement variées : école pour les 6-12 ans, éducation et formation tout au long de la vie, sports, temps d'échanges familiaux, services à la personne, centre culturel, événements et résidences artistiques, chambre d'hôtes, restaurant, boulangerie.

Les bénéficiaires sont de divers ordres.
Les bénéficiaires directs sont à la fois les usagers, qui ne sont pas uniquement ceux du voisinage immédiat de la UFA-FABRIK, mais également des personnes intéressées par la démarche. A titre d'exemple, l'école libre proposée sur place accueille 50 enfants de 6 à 12 ans par cycle et 10 professeurs accompagnent ces enfants.
Le restaurant-café (végétarien) est un endroit couru, sans parler de la boulangerie bio, qui participent de l'équilibre économique du lieu.
L'hôtel et les résidences artistiques permettent également d'élargir le cercle des usagers à une échelle internationale, la UFA étant membre des réseaux IETM.

Outre les usagers, les bénéficiaires sont également les salariés du projet. Plus de 200 personnes travaillent dans les différents services proposés par la UFA.
En plus de ses salariés, la UFA compte également un noyau dur de 35 personnes qui vivent encore ensemble... et ce, sans compter les autres personnes impliquées dans le projet et ne vivant pas sur place.

Enfin, les bénéficiaires indirects sont non seulement les habitants du quartier qui ont vu émerger des services de proximité, mais aussi la ville, qui a pu compter sur cette expérience pour voir apparaître l'un des laboratoires sociaux les plus intéressants en Europe.

IMPACT : Quels sont les impacts du projet (décrire les effets positifs ou négatifs du projet: emplois, lien social, environnement, économie, etc...)? Quelle plus-value votre projet confère-t-il au territoire ? Éditer

Les objectifs ont su s'accompagner d'impacts positifs, tels qu'attendus et présentés ci-dessus.

COLLECTIF : En quoi ce projet est-il un exemple de gestion collective ? Pourquoi avez-vous choisi un mode de gestion collectif ? Éditer

Le collectif a pré-existé à toute forme de projet. L'histoire de la UFA s'est construite autour d'un noyau de 70 personnes, dont une grande majorité est encore toujours active aujourd'hui. Le mode de gestion collectif était donc inhérent au projet lui-même.

FONCTIONNEMENT : Quelle place chaque individu conserve-t-il au sein du groupe ? Décrivez précisément les processus de décision en œuvre au sein du collectif. Ces processus ont-ils évolué dans le temps? Éditer

Le fonctionnement a évolué au fil du temps, laissant plus de place à des référents de pôles.

Au début, les 70 personnes du collectif se retrouvaient tous les jours après le repas. Après cinq années, les choses se sont organisées en pôles, permettant l'émergence de groupes de travail. Deux instances différentes existent désormais : 1/les décideurs de chaque structure (ex : la boulangerie, le restaurant, l'école); 2/ des plénières réunissant l'ensemble des personnes impliquées.

Chacune de ces instances se réunit à raison d'une fois par mois, ce qui permet à chacun de rester au courant des avancées de chaque projet.

L'individu a une place en tant que telle. Le groupe s'est forgé grâce à des individus et chacun a eu le choix de continuer l'aventure, en s'impliquant de différentes manières dans les suites de l'aventure. Ainsi certains vivent-ils en dehors du collectif mais continuent à travailler ou à prendre part au projet collectif. D'autres ont choisi de vivre dans le collectif, car ils retrouvent leur famille et y ont construit leur cercle. Enfin, d'autres personnes gravitent autour de ces noyaux durs, sans être salarié ou sans habiter sur place. C'est sans doute l'une des grandes forces de la UFA-FABRIK : celle de ne pas imposer de cadre strict pour s'impliquer dans la vie de la communauté.

RELATIONS : Comment ont évolué les différentes relations (soutien, tolérance, rejet, blocage, volonté de récupération, etc.) entre le collectif et son entourage (riverains, pouvoirs publics, partenaires choisis ou subis, parties prenantes, etc.)? Le collectif a-t-il attiré de nouveaux membres? Le collectif a-t-il perdu des membres? Le collectif est-il relié à d’autres réseaux (inter-régionaux, internationaux) Éditer

Les membres du collectif ont évolué, notamment dans l'implication que chacun était prêt à donner. Néanmoins, il conviendrait surtout de parler de nouveaux apports, s'ajoutant aux individus précédemment impliqués.

Concernant les relations aux institutions, la question est tout à fait intéressante. Considérés au démarrage comme des beatniks, farfelus et marginaux, les membres de la UFA ont peu à peu été reconnus comme des pionniers. Les institutions publiques les ont considéré comme une chance pour le quartier, mais également comme un potentiel laboratoire social. Leurs projets ont peu à peu été écoutés, pour vite être soutenus.
Les forces de l'ordre ont, elles aussi, vu les choses différemment avec le temps. Les premières années, le projet était considéré comme un squat et les voisins avaient tendance à se plaindre de l'image que cela conférait au quartier. La police ne laissait alors passer aucune erreur.
Les relations aux voisins sont elles aussi significatives de l'ancrage du projet. Regardés d'un mauvais œil au début, ils se battent désormais pour pouvoir scolariser leurs enfants dans l'école libre de la UFA.

Enfin, sur la relation aux autres réseaux, la UFA-FABRIK est un des acteurs incontournables de la scène culturelle berlinoise et du réseau IETM. Elle est en lien permanent avec les autres friches culturelles européennes et chaque année, des partenaires du monde entier viennent participer à des ateliers sur la culture, l'art ou les nouvelles techniques écologiques pour gérer un lieu.

A VENIR : Quelles sont les perspectives à venir (croissance, développement,...) ? Quelles sont les attentes à court et moyen terme ? Quelles sont vos interrogations / craintes ? Éditer

Les projets sont nombreux à la UFA. Aucune envie de croissance ou de développement n'a été abordée : l'envie est plutôt à la stabilisation des actions. Les subsides publiques étant en baisse, la UFA cherche d'autres moyens de développer ses actions économiques. Un équilibre a été trouvé et l'ambition est de parvenir à le maintenir dans la durée.

MULTIPLIER : Quelles sont les possibilités de transférer cette expérience sur d’autres territoires (conditions de duplication des savoirs et savoirs faire développés)? Éditer

Des acteurs intéressés par la dynamique collective se rendent régulièrement à la UFA. Des chercheurs ou des projets en cours de développement viennent ici chercher conseil et trouver de l'inspiration. Le projet Spreefeld s'inspire beaucoup de la UFA-FABRIK.


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