L'Échappée

Projet d'habitat groupé bruxellois

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7 place maréchal Foch 42000 Saint-Etienne, France
FR France
Site internet http://www.echappee.collectifs.net/
Maturité

En développement

A propos du projet Éditer

Projet d'habitat groupé bruxellois

CREATION - Décrivez le contexte local, la problématique à laquelle le projet souhaitait répondre, les étapes et les dates de la naissance du projet (fondateurs, naissance du collectif). Éditer

L'échappée est un projet d'habitat groupé, dont le démarrage remonte à 2007. A cette époque, Matthieu, l’un des membres de l’Échappée décide d’aller à la rencontre d’éco-villages en Europe. Se rendant compte que lui, citadin, ne se reconnaît pas dans ce mode de vie, il se demande comment l’adapter à une vie en ville. De rencontres en réflexions, son chemin croise celui d'un américain qui lui raconte son expérience à Los Angeles autour du concept de « co-housing », traduit « co-habitat » ou « habitat partagé / collectif » en français. Il commence alors à se pencher sur les trois pays d’Europe du Nord qui se sont placés comme précurseurs dans le domaine, à savoir le Danemark, les Pays-Bas et la Suède. Il se rend donc sur place, ainsi que dans d’autres pays d’Europe et identifie les différents modèles développés pour en saisir les avantages et les inconvénients. Installé en Italie, il prospecte dans le but de créer son co-habitat à Florence mais face à des prix trop élevés et à une culture assez éloignée des principes rencontrés dans les pays nordiques, Matthieu décide de rentrer sur Bruxelles.

De retour en Belgique, il s'engage dans ce projet. Au départ avec un couple d’amis puis le groupe s'élargit pour atteindre les 30 adhérents, pour 18 unités, dont une dizaine d’enfants. Lancé en 2010, le projet s'étoffe peu à peu pour devenir un projet collectif, respectueux de la vie de chacun.

OBJECTIFS : Quelle est la finalité première du projet ? Quelles sont ses principales actions / réalisations ? Qui en sont les bénéficiaires directs et indirects ? Éditer

L'échappée s'est fixé comme objectif premier de répondre à une autre forme de vie en société. L'idée est de faciliter l'accès à l'achat immobilier. L'envie de créer une communauté de valeurs ne signifie pas que l'ensemble des familles impliquées sont amies ou complices. Leur objectif est de faciliter un vivre ensemble. Au démarrage, les porteurs avaient envisagé 3 unités sociales, mais les bailleurs sociaux ont des clauses très spécifiques et auraient préféré insérer les porteurs dans des habitats sociaux traditionnels. L’idée originale a donc dû être abandonnée.

IMPACT : Quels sont les impacts du projet (décrire les effets positifs ou négatifs du projet: emplois, lien social, environnement, économie, etc...)? Quelle plus-value votre projet confère-t-il au territoire ? Éditer

Cet habitat partagé se situera dans le Nord de Bruxelles, non loin du parc royal, au sein d’un quartier populaire à forte population maghrébine. Pour le moment, le groupe entretient de bonnes relations avec les riverains.

En termes d’environnement, L’Échappée n’a pas opté pour un habitat passif. Cela aurait représenté un surcoût trop important pour certains habitants et ils n’ont donc pas souhaité pousser certaines personnes hors du groupe pour devenir parfaits en termes d’écologie. Ils ont cependant su trouver un équilibre et le bâtiment, ainsi que la démarche, se veulent les plus respectueux possibles de l’environnement.

COLLECTIF : En quoi ce projet est-il un exemple de gestion collective ? Pourquoi avez-vous choisi un mode de gestion collectif ? Éditer

Sur 3 ans le groupe a dû fournir environ 3000 heures de travail pour le projet. Sur un groupe de 30, cela représente environ 100 heures chacun en moyenne. Tous participant à la hauteur de leur motivation et de leur disponibilité. La négociation et les discussions à n’en plus finir leur prennent évidemment du temps mais c’est selon eux partie intégrante du mode de gestion choisi. Ils en sont bien conscients et s’en accommodent.

S’il y a bien un groupe restreint de personnes à l’origine du projet, ils ne sont pas pour autant les leaders de L’Échappée. En fait, ils notent qu’au fur et à mesure, plusieurs leaders ont émergé. L’idée est de favoriser un groupe constitué de plusieurs entités, sur le modèle danois, plutôt qu’un groupe unique.

Il faut savoir que le groupe a fait appel à un coach. Même si celui-ci avait moins à l’idée d’encourager la création d’espaces communs, contrairement à ce qui revêtait pour les futurs co-habitants une certaine importance, la présence d’un coach a été cruciale pour le groupe. D’une part, avoir un coach nécessite de lui verser une rémunération. Chacun doit donc participer financièrement et donc tout le monde a su faire en sorte que son intervention soit menée à bien. D’autre part, cela leur a permis d’affirmer leurs arguments et de les façonner face à quelqu’un et de saisir exactement ce qui était important pour eux et ce qui ne l’était pas ou l’était moins.

Par ailleurs, concernant le lieu en lui-même, lorsqu’il sera construit, il devrait comporter de nombreux espaces collectifs et partagés. Ainsi, outre le classique local à vélos, il est prévu d’y aménager une salle réservée et adaptée aux enfants, un espace pour les invités afin qu’ils aient eux aussi leur propre espace dans cet habitat collectif, une salle polyvalente d’une centaine de mètres carrés et qui permettrait d’organiser divers types d’activités (cours de yoga, projections de films, concerts, etc.). Une cuisine professionnelle devrait également voir le jour entre les murs de cet habitat partagé, afin que des repas collectifs puissent être organisés régulièrement (d’une à sept fois par semaine, en fonction des préférences). Enfin, le sous-sol abritera une salle pour le bricolage. Pour ce qui est des parkings, ils ont été obligés d’en construire mais les ont d’ores et déjà tous revendus. En effet, du fait d'un sérieux manque de places de parking sur Bruxelles, la première réaction des habitants du quartier a été de demander « mais où donc allez-vous garer vos voitures ? ». La crainte était que l’arrivée de 30 nouveaux habitants rendrait encore plus difficile la contrainte routinière de recherche de place de parking. C’est ainsi que l’on peut expliquer le succès de la vente de ces lots.

FONCTIONNEMENT : Quelle place chaque individu conserve-t-il au sein du groupe ? Décrivez précisément les processus de décision en œuvre au sein du collectif. Ces processus ont-ils évolué dans le temps? Éditer

Pour assurer le bon fonctionnement du groupe, la bonne mise en place du projet ainsi que la vie future au sein du co-habitat, le choix du nombre d’habitants a revêtu une certaine importance. Il fallait un groupe qui ne soit ni trop petit ni trop grand. Pour eux, l’idéal était d’être entre 12 et 30 unités. Pari réussi puisqu’ils en comportent aujourd’hui 18.

Concernant les modalités d’achat du terrain et des parcelles du bâtiment une concertation a eu lieu. À la suite de longues discussions, c’est le modèle de la co-propriété qui a finalement été retenu, plutôt que ceux de coopérative ou de fondation. Ils ont alors créé une A.S.B.L. pour gérer tout cela et notamment gérer des prêts entre les membres du groupe, l’A.S.B.L. se plaçant alors comme intermédiaire. Au moment d’acheter le terrain, ils ont également fondé une société civile pour gérer toutes les procédures et donc l’A.S.B.L. est désormais inutilisée. Elle devrait l’être à nouveau une fois la phase de construction terminée.

Au sein de la société civile ainsi créée, il y a un Conseil d’Administration (CA) composé de cinq des membres de L’Échappée qui s’efforcent cependant d’en passer au maximum par les Assemblées Générales (AG). Ainsi, les C.A. ont lieu toutes les deux semaines et les A.G. tous les mois.

Des groupes de travail ont également été mis en place en fonction des différents grands dossiers identifiés par le collectif. Ainsi, les trois groupes les plus actifs en ce moment sont ceux qui s’occupent des affaires juridiques, de l’architecture et des finances. En dehors de ces trois-là, il y a aussi un groupe chargé des relations publiques ou encore un autre chargé de l’animation de la communauté.

La devise qui se place en arrière-plan de la prise de décision et de la participation de chacun est la suivante « Toujours un pouvoir, jamais un devoir ! »

RELATIONS : Comment ont évolué les différentes relations (soutien, tolérance, rejet, blocage, volonté de récupération, etc.) entre le collectif et son entourage (riverains, pouvoirs publics, partenaires choisis ou subis, parties prenantes, etc.)? Le collectif a-t-il attiré de nouveaux membres? Le collectif a-t-il perdu des membres? Le collectif est-il relié à d’autres réseaux (inter-régionaux, internationaux) Éditer

L’Échappée avait initialement proposé à la ville de faire participer au projet trois ou quatre unités de personnes défavorisées. Cependant, la Ville a alors souhaité proposer son propre projet or cela ne peut pas fonctionner pour ce type d’initiatives qui doivent venir d’en bas afin que la motivation à s’investir perdure. Le modèle du secteur public n’aurait pas autorisé à choisir parmi ces personnes celles qui étaient réellement intéressées par le projet ou celles qui souhaitaient simplement disposer d’un logement social.

Au niveau des membres, certains ont quitté le navire dans les moments cruciaux durant lesquels le groupe discutait d’éléments qui allaient marquer définitivement le projet, comme le choix de la forme juridique qu’allait prendre le collectif.

Quant aux partenaires financiers, ils ont fait appel à la banque éthique Triodos pour tout ce qui concerne les prêts (hors prêts entre membres via l’A.S.B.L.). Les banques « traditionnelles » ont en effet tendance à être beaucoup moins réceptive à ce type de projets, notamment du fait de leur dimension collective, de l’implication d’autant d’acteurs sur un mode horizontal.

A VENIR : Quelles sont les perspectives à venir (croissance, développement,...) ? Quelles sont les attentes à court et moyen terme ? Quelles sont vos interrogations / craintes ? Éditer

Les prochaines étapes pour le collectif seront la construction du bâtiment puis, finalement l’installation de tous les membres et le démarrage de la vie collective au sein de cet habitat. Si tout va bien, ils pensent y habiter d’ici deux ans

MULTIPLIER : Quelles sont les possibilités de transférer cette expérience sur d’autres territoires (conditions de duplication des savoirs et savoirs faire développés)? Éditer

Le co-habitat commence à se diffuser à Bruxelles et ailleurs. L’Échappée est donc en lien avec les autres habitats groupés. Les architectes avec lesquels ils travaillent ont d’ailleurs participé au développement de différents autres projets dans la même veine.

Le livre Le Cohabitat – Reconstruisons des villages en ville publié d’abord en italien puis en français par Matthieu Lietaert, l’un des initiateurs de L’Échappée permet également de valoriser le projet et de guider ceux qui aimeraient se lancer en connaissance de cause.

Enfin, le groupe, et Matthieu Lietaert en particulier, cherchent à mettre en avant la question du cohabitat dans Bruxelles, en insistant auprès des pouvoirs locaux pour faire évoluer les démarches, jugées trop longues et qui ne facilitent donc pas l’émergence de nouveaux projets. Ils ont donc la volonté de faire précédent pour faciliter l’émergence d’autres projets sur le même modèle que le leur.


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