La Coroutine

Tiers-lieu et espace de coworking

Information

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8, rue Molière Lille
FR France
Site internet http://www.lacoroutine.org/
Maturité

Mature

A propos du projet Éditer

D’abord bureaux mutualisés, puis espace de travail collaboratif (coworking) et maintenant lieu hybride d’un nouveau genre, La Coroutine ne cesse chaque jour d’évoluer, d’innover, de s’ouvrir encore plus et d’inspirer les enthousiastes qui la fréquentent.

Auto-financée et auto-gérée sans être repliée sur elle-même, l’expérience d’une année au sein d’un petit espace de 70m2 nous a permis d’apprendre énormément, tant sur le plan individuel que collectif. L'année 2012 semée d’embûches, a permis à cette initiative de progressivement trouver sa stabilité et d'envisager un déménagement dans un nouveau lieu de 170m2, tout en offrant un cadre de travail à plus de 40 personnes. Ces dernières étapes ont su catalyser leurs activités, qu’elles soient à but lucratif ou non, au sein du lieu. Mélangeant hyper-local et international, La Coroutine est ouverte sur le quartier. Elle est à la fois un relais pour des étrangers souhaitant trouver une colocation, une micro-boutique de produis locaux ou encore un centre de développement pour un projet d’innovation d’envergure internationale.

En assumant l’opposition entre les mondes marchands et non marchands tout en transposant les pratiques inspirées du web au réel, ce tiers-lieu offre un cadre inspirant, motivant et propice aux collaborations. La créativité, l’émergence et l’innovation deviennent alors des phénomènes spontanés.

CREATION - Décrivez le contexte local, la problématique à laquelle le projet souhaitait répondre, les étapes et les dates de la naissance du projet (fondateurs, naissance du collectif). Éditer

L'idée à l'origine de la Coroutine était de combler la segmentation des activités du monde professionnel actuel et de répondre aux nouvelles aspirations en termes d'horizontalité des modes de gestion. Ainsi, pour les membres de la Coroutine, le concept de Coworking est celui d'un espace partagé par des travailleurs indépendants qui fournit un lieu et une communauté aux personnes qui travaillent historiquement de manière isolée. Ces espaces sont aussi vus comme un terreau idéal pour l'émergence de projets nécessitant le croisement de domaines hétérogènes.

La Coroutine a occupé quatre lieux différents depuis le lancement du projet. Au départ, ses fondateurs ont commencé par occuper un local commercial non utilisé, Les Hauts Lieux (à Lille). On est alors en mai 2010. Puis, suite à la demande du propriétaire, ils ont dû quitter les lieux et trouver un endroit mieux adapté. Le collectif se monte alors en Association Loi 1901 en novembre de la même année.

À mesure de l'augmentation du nombre d'adhérents au collectif, ils se sont installés dans des lieux de plus en plus grands. Au départ rue Lamartine, puis rue Brûle Maison. Aujourd'hui, La Coroutine se situe dans un quartier populaire de Lille, proche du centre-ville au niveau de la rue Molière. Pour le financement de ces changements de lieux, ils ont notamment fait appel au crowd-funding (financement participatif).

OBJECTIFS : Quelle est la finalité première du projet ? Quelles sont ses principales actions / réalisations ? Qui en sont les bénéficiaires directs et indirects ? Éditer

Le but derrière la création de ce type de lieu est de favoriser l'échange d'idées, d'informations, de services, tout cela en restant tourné vers l'innovation sociale, la création de nouveaux objets et concepts. Cela se base sur le principe selon lequel chacun peut apprendre de l'autre.

La Coroutine propose entre ses murs une salle de réunion et des postes de travail individuels mais sans séparation. Si le lieu ne peut pas se prévaloir d'être un Fablab, on peut cependant parler d'un maker space du fait de la mutualisation de certains outils de bricolage ou d'électronique (imprimantes 3D, outils classiques,…), de la mise à disposition de certains endroits pour la création, etc. Et tout cela à des prix défiant toute concurrence, en comparaison notamment avec ceux proposés par leurs équivalents parisiens. La clé ? L'idée selon laquelle la Coroutine ne constitue pas un prestataire de services et l'aspect auto-géré qui permet à chacun de payer un montant de base offrant un accès au lieu, et ensuite de l'utiliser comme il le souhaite : participation à l'achat du café et autres denrées en fonction de sa consommation personnelle et selon une logique de prix libre, par exemple.

La Coroutine ouvre également ses portes à d'autres collectifs et associations souhaitant utiliser l'un des espaces pour y effectuer une Assemblée Générale, une simple réunion ou encore une conférence.

IMPACT : Quels sont les impacts du projet (décrire les effets positifs ou négatifs du projet: emplois, lien social, environnement, économie, etc...)? Quelle plus-value votre projet confère-t-il au territoire ? Éditer

L'espace de co-working de la Coroutine est créateur de liens, de coopérations, de collaborations qui sans cela, n'auraient sûrement pas eu lieu entre des personnes d'horizons différents mais réunies dans un même espace. Le projet permet également une meilleure utilisation des ressources locales via la réappropriation d'immeubles inoccupés, la récupération et réutilisation de matériel suite à des prêts ou des dons, etc.

En termes d'emploi, la Coroutine ne crée pas et ne créera pas directement d'emplois et ce, afin de ne pas instaurer un système à deux niveaux qui serait contraire aux valeurs de base du lieu et à son mode de gestion. Cependant, le lieu est indirectement créateur d'emplois au travers du développement économique induit par la mise à disposition du lieu et du matériel. Par exemple, la Coroutine voit naître en son sein des start-up qui, pour certaines, sont amenées à créer de l'emploi. Le lieu permet aussi la pérennisation des indépendants.

Pour ce qui est de l'impact sur l'environnement, la Coroutine essaie de faire au mieux en fonctions de ses moyens. Ainsi, pour l'isolation du nouvel espace de la rue Molière, c'est un procédé basé sur le recyclage de jeans qui a été employé, les postes de travail ont été construits à partir de bois de récupération, et c'est de la chaux et de la peinture bio qui ont servi au recouvrement des murs.

L'impact environnemental du lieu vient aussi du rapprochement qu'il permet entre lieu de travail et domicile.

COLLECTIF : En quoi ce projet est-il un exemple de gestion collective ? Pourquoi avez-vous choisi un mode de gestion collectif ? Éditer

Les tâches quotidiennes sont effectuées sur la base du volontariat. Il existe aussi des temps d'animation où tout le monde se retrouve (repas collectifs du vendredi, ateliers à thème...)

Le lieu fonctionne par ailleurs en auto-financement au travers des loyers versés par les coworkeurs. Pour l'achat des denrées communes comme le café, le thé et autres, il existe un système de contributions libres. Chacun donne ce qu'il peut en fonction de ses moyens et de son utilisation. De même, chaque coworkeur peut amener ce qu'il souhaite partager avec les autres.

Cela se base sur un modèle d'économie de la contribution. On n'y parle pas de bénévolat mais plutôt de participation du fait du caractère "appropriable" du lieu. Les coworkeurs peuvent ainsi s'investir librement dans la gestion du lieu, y apporter des améliorations et placent donc leur confiance dans la pérennité de cet espace. L'idée de contrainte ne revêt pas forcément les mêmes réalités pour chacun d'entre eux et l'idée est donc d'essayer de se baser sur la masse : les tâches contraignantes pour certains peuvent devenir un plaisir pour d'autres. Différents systèmes ont été expérimentés pour animer cette répartition des tâches comme celui de cartes "joker": chacun est libre, en arrivant à la Coroutine, de prendre l'une de ses cartes (téléphone, courrier, ménage...) et d'effectuer la tâche qui lui est alors assignée. Si personne n'a choisi de carte, c'est alors au plus réactif ou au plus volontaire d'agir.

La Coroutine ne parle par ailleurs pas de "loyers" d'une part parce que fiscalement, ils ne sont pas autorisés à recevoir de loyers mais aussi pour respecter toute cette logique. Ils parlent donc de frais servant à l'usage du lieu, plutôt qu'une somme acquise en échange d'une prestation de service. D'autant qu'il est important pour eux de bien noter que le coworkeur qui vient à la Coroutine ne débourse pas cette somme uniquement pour louer un certain nombre de mètres carrés correspondant à son poste de travail mais bel et bien l'accès à tout un espace et à tout le matériel à disposition.

Lorsqu'on leur demande pourquoi ils ont choisi ce mode de gestion, la réponse est le souhait de ne pas instaurer de relation de subordination, ni de système hiérarchique entre les usagers : une absence de hiérarchie stricte ou l'envie de tenter l'expérience du transferts des modes de fonctionnement de la contribution sur internet vers la réalité.

FONCTIONNEMENT : Quelle place chaque individu conserve-t-il au sein du groupe ? Décrivez précisément les processus de décision en œuvre au sein du collectif. Ces processus ont-ils évolué dans le temps? Éditer

Le système de gouvernance s'y veut donc horizontal et chaque individu dispose du même statut que les autres au sein de la Coroutine.

Pendant quasiment trois ans rien ne faisait réellement débat et la question ne s'était pas tellement posée. La prise de décision prenait donc la forme de prises d'initiatives par une ou plusieurs personnes au sein de la Coroutine. Aujourd'hui, cela se fait toujours par l'initiative mais les membres ont appris à en discuter avant. Ils sont incités à faire un sondage avant de lancer leur projet, dans la mesure où celui-ci provoquerait une transformation irréversible sur l'espace partagé. Si personne n'y oppose de veto, la ou les personnes désireuses d'apporter un changement au lieu sont alors libres de le faire.

Des outils sont également à disposition des co-workeurs pour évoquer leurs idées et les tester sur leurs comparses. Le lieu est en effet parsemé de tableaux sur lesquels chacun peut écrire. Le lieu est par ailleurs en lui-même propice aux discussions puisque les postes de travail ne sont pas individualisés et que l'espace bar et le coin cuisine sont des lieux de passage conviviaux où les uns et les autres se retrouvent.

L'objectif derrière ce mode de fonctionnement est de favoriser un libre vivre-ensemble qui n'efface pas la singularité des personnes puisque chacun et libre de proposer son idée. Tout cela malgré tout dans le respect d'un collectif.

RELATIONS : Comment ont évolué les différentes relations (soutien, tolérance, rejet, blocage, volonté de récupération, etc.) entre le collectif et son entourage (riverains, pouvoirs publics, partenaires choisis ou subis, parties prenantes, etc.)? Le collectif a-t-il attiré de nouveaux membres? Le collectif a-t-il perdu des membres? Le collectif est-il relié à d’autres réseaux (inter-régionaux, internationaux) Éditer

La Coroutine ne dispose pas de subventions publiques pour le moment et ne souhaite pas les intégrer dans leur modèle de gestion. La structure compte cependant des organismes publics comme Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU) parmi ses partenaires et soutiens, aux côtés de réseaux (ex : M.e.u.h|lab) ou d'autres espaces de co-working comme Coworking Lille (anciennement La Piquerie) avec qui ils sont liés depuis leur première année d'existence.

En moyenne il y a entre 15 et 20 personnes présentes par jour mais en tout, le nombre de coworkeurs approche plutôt la cinquantaine. Ils ne viennent cependant pas tous de manière quotidienne. Pour ce qui est de la salle de réunion ce sont plutôt des personnes venues de l'extérieur et qui ont aimé le concept qui l'utilisent. De temps en temps, elle sert également aux projets internes de la Coroutine.

A VENIR : Quelles sont les perspectives à venir (croissance, développement,...) ? Quelles sont les attentes à court et moyen terme ? Quelles sont vos interrogations / craintes ? Éditer

Aucun agrandissement n'est prévu pour le moment car le modèle fonctionne aujourd'hui relativement bien sur cette base. Cependant, la Coroutine et le Mutualab qui devrait ouvrir prochainement sont regroupés autour de Coworking Lille. L'objectif à court ou moyen terme est de développer ce réseau de tiers-lieux afin que les co-workeurs et utilisateurs des fablab n'aient plus à payer pour chaque lieu mais à un seul d'entre eux, tout en ayant accès à ces différents espaces ayant chacun leurs particularités (ex : travail du bois, imprimante 3D…). Ils disposeraient d'une sorte de passeport leur permettant d'aller d'un lieu à l'autre sans difficulté.

MULTIPLIER : Quelles sont les possibilités de transférer cette expérience sur d’autres territoires (conditions de duplication des savoirs et savoirs faire développés)? Éditer

L'idée en parallèle est donc de créer une abondance de cellules afin de les faire entrer dans cette dynamique et d'ainsi agrandir le réseau des tiers-lieux.


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